Suzuki GS 1000 : Déshabillez moi

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Révéler la beauté enfouie sous des caches trop grands pour elle de sa Suzuki GS 1000, c’était le challenge de Jean Umani. En six semaines, il déshabille cette légende mal fagotée et au lourd passé sportif pour la métamorphoser en une moto moderne et brutale.

Une moto, des histoires

IMG_4978Une glorieuse histoire sur les circuits, une moto maudite, une allure ringarde, cette Suzuki avait tout pour interpeller Jean. « Elle prenait la poussière depuis 25 ans dans une grange derrière chez moi. Elle est passée entre
les mains de tous les hommes de la famille et les as tous mis à terre. » Passible de mauvaise réputation, son comportement est sanctionné : Suzuki, tu seras remisée ! Après divers et IMG_4980aléatoires ajouts de couleurs et accessoires, au gré des envies chantantes des multiples proprios, la moto attend son heure. Et Jean Umani ne l’oublie pas, sensible à son côté exclusif et à son illustre renommée lorsque cette Suzuki de 1978 quitte son marché asiatique natal pour rafler tout à  la fois : la place de première vraie Superbike japonaise, et les titres de championne du monde de Superbike en 1979 et 1980.

Mise en beauté

C’est le jour de Pâques, il y a deux ans et Jean – au lieu d’écouter, extatique, le tintement IMG_4997des cloches en savourant avec délice sa souris d’agneau confite – décide de se lancer un défi. A la faveur d’une parenthèse professionnelle, il ressort la Suzuki, retrousse ses manches et décide du jour et du montant : il s’accorde 1 mois et 1 500 € pour révéler la beauté de sa désormais protégée. Premier pari : la faire démarrer. Après avoir expulser les guêpes qui, impunément, avaient profité du confort tout relatif du carbu pour établir leur nid, puiser dans ses souvenirs de gamin mécano, après nettoyage du moteur au jus de citron et remontage, changement des bougies et lubrification, «  assez étonnamment, le démarrage a été impeccable ! ». Place alors à IMG_4995l’esthétisme, avec une idée maîtresse : « Epurer la moto et mettre en valeur sa base plutôt jolie. Je suis parti sur une réduction géométrique, l’envie de concentrer la moto. » Jean, sans pudeur, déshabille sa Suzuki, rabaisse l’avant, supprime les caches et ôte les énormes clignotants et « la selle type canapé 3 places » pour la remplacer par une vieille selle de TY de 1973 trouvée également dans la remise. Le réservoir d’origine est débosselé, poli, poncé et repeint, un guidon bracelet et un phare à led installés et Jean équipe ses poignées de l’ossature d’un pare-pierres récupéré sur un enduro.

Sous le charme

IMG_4945Jean savoure et s’absorbe sans retenue dans ce chantier. «  La mécanique, c’est un bon moyen de sortir du rythme quotidien, de se créer un espace hors du temps » Il exécute et profite, s’arrête et regarde, et voit apparaître au fil des jours la Suzuki nouvelle. Elle est prête, son centre massif rééquilibré et ses charmes assumés au grand jour. Du coup, Jean redevient motard et apprivoise sa moto volontaire. « On oublie avec le temps, il faut trouver à nouveau ses repères, que le motard fasse corps avec sa moto. C’est moi qui doit m’adapter à elle. » Les sensations sont là, cette sportive, hier, un peu pataude, exhibe aujourd’hui, avec fierté, ses courbes trapues et s’abandonne aux joies du ride.

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